« Haben Sie schon ein Ferienprogramm für die Kinder? » lui ai-je demandé en lui tendant une brochure au visage.
En guise de réponse, il s'était simplement contenté de prendre le prospectus. Il avait l'air perdu dans ses pensées. Mon intervention l'avait surpris et sa bouche s'était ouverte, puis refermée lentement en même temps que sa main sur le papier-glace.
Il n'a pas prononcé un mot. Et tout comme ma présence l'avait tiré des ses rêveries, son visage avait réveillé en moi un autre visage. Celui de cet homme qui avait devant lui une poussette occupée par un enfant en bas-âge m'apparaissait comme la projection ternie par le temps d'un garçon rappelé à mon souvenir.
« C'est lui dans dix ans. » me suis-je mise à penser. « Il a l'air terriblement fatigué, accablé, usé par le temps et rongé par le chagrin. »
Je l'ai contemplé pendant quelques secondes tout en observant le silence.
« Il m'a reconnue ! Mon Dieu ! Je les ai laissés seuls ! Je suis morte? »
« Kommst du mit? » En ces trois mots je suis revenue à la réalité. Je suis sortie de cette dimension sans temps ni espace.
Images restées en suspend dans ma mémoire tout ce temps qui avaient besoin d'être transcrites en caractères universels.
Noch was aus Deutschland.
Noch was aus ner blauen Blume...