Bon.... désolée, il fallait bien que je fasse ce jeu de mots, le titre du bouquin nous a tellement ramenés au tube de Dave.....
"J'irais bien faire un tour du côté de chez Swann...."
[ écoutez, je suis sur msn, reprise de contact avec une relation d'outre-Rhin, c'est primordial, désolée, mais là, chui trop happy mdr ! je vais finir, vs inquiétez pas ! ]
Voilà, les formalités d'msn Deutschland achevées, bah, je me remets à mon article, parce que, ça fait un p'tit bout de temps que je ne l'ai pas touché, entre le bac et tout le reste...... 'fin bon, je vous passe les détails, et je me décide à taper quelque chose... enfin ^^
Oui, Proust nous a aux premiers abords rappelé Dave, le célèbre chanteur scandinave (qui au passage avait les mêmes moeurs que Proust... petite anecdote biographique, passons ^^ ). Nous chantions joyeusement le refrain de cette chanson que j'évoquais précédemment, ça c'était bien entendu sans avoir encore lu les pages de Combray, n'est-ce pas ?
Evidemment, parce que..... parler de la méthode la plus efficace que l'Homme possède pour raviver en lui des souvenirs potentiellement enfouis au plus profond de son âme, et en étudier l'émergence nouvelle dans son esprit, ça n'est pas donné à tout le monde !
Et puis, au pire, même si l'odorat est un mécanisme beaucoup plus efficace que la vue (tout comme le goût) pour faire remonter en nous une vague de souvenirs oubliés, on peut toujours s'intéresser au fonctionnement de chacune de ces possibilités par rapport à notre mémoire, non ?
Du coup, vous comprenez aisément que seul le temps passé à une valeur, le temps présent et le futur n'existent que « virtuellement » comparé au vécu.... ( Merci Marcel ! )
Plus aucun rapport avec le café de Dave, nous en conviendrons tous ^^ !
Mais, ça n'était pas spécialement le but de mon article, parce que le contenu du paragraphe suivant, on est quand même une trentaine de censés le savoir, hein ?? Oui, parce que la 1L2 a lu les 184 pages en intégralité, hein, hein ???! (lol)
Non, ce que je voulais vous dire, c'est qu'il y a un passage (qui a d'ailleurs été évoqué en classe) que j'ai trouvé trop trop bien.... C'est la rencontre avec Gilberte [ ouaich Lu ;-) ] !
Alors, je vous recopie le passage ^^.
« Je la regardais, d'abord de ce regard qui n'est pas que le porte-parole des yeux, mais à la fenêtre duquel se penchent tous les sens, anxieux et pétrifiés, le regard qui voudrait toucher, capturer, emmener le corps qu'il regarde et l'âme avec lui ; puis tant j'avais peur que d'une seconde à l'autre mon grand-père et mon père, apercevant cette jeune fille, me fissent éloigner en me disant de courir un peu devant eux, d'un second regard, inconsciemment supplicateur, qui tâchait de la forcer à faire attention à moi, à me connaître ! Elle jeta en avant et de côté ses pupilles pour prendre connaissance de mon grand-père et de père, et sans doute l'idée qu'elle en rapporta fut celle que nous étions ridicules, car elle se détourna et d'un air indifférent et dédaigneux, se plaça de côté pour épargner à son visage d'être dans leur champ visuel ; et tandis que continuant à marcher et ne l'ayant pas aperçue, ils m'avaient dépassé, elle laissa ses regards filer de toute leur longueur dans ma direction, sans expression particulière, sans avoir l'air de me voir, mais avec une fixité et un sourire dissimulé, que je ne pouvais interpréter d'après les notions que l'on m'avait donné sur la bonne éducation, que comme une preuve d'outrageant mépris ; et sa main esquissait en même temps un geste indécent auquel quand il était adressé en public à une personne qu'on ne connaissait pas, le petit dictionnaire de civilité que je portais en moi ne donnait qu'un seul sens, celui d'une intention insolente. »
Voilà, c'était le passage que je voulais vous faire partager parce que j'y ai trouvé plein de choses intéressantes et que j'avais envie de vous le communiquer, histoire de voir Proust sous un autre angle que celui qui nous montre un type un peu bizarre, dans son monde, qui a une perception décalée des choses par rapport à la moyenne des gens et qui écrit des trucs à rallonge qui donnent mal à la tête.
[ Mais, vous pourriez me dire : pourquoi perception décalée, en fin de compte, qu'est-ce qui nous permet de dire qu'une perception est décalée, ou non ?? Doc, on se comprend ^^... oui je sais mais pour le commun des mortels, quand même, c'est pas une analyse de base ^^ ! ]
Oui, passage très intéressant disais-je parce que Proust nous y fait une très belle description d'une rencontre, aussi brève soit-elle. Il nous décrit parfaitement les sentiments qui s'immiscent en nous au croisement d'un ½il nouveau. On y sent que Proust à conscience de la préciosité du moment, c'est un instant unique, fragile, furtif, qu'il faut exploiter, conserver, savourer au maximum !
Ensuite vient la famille et sa prévention envisageable, et parfois destructrice, il faut s'en protéger, parce que les parents (au sens large) veulent en général nous préserver des méfaits d'une relation, d'une mauvaise fréquentation.
Et puis, il est évoqué la perte de contrôle qui arrive à chaque rencontre riche en émotions, on ne sait plus trop, mais on veut quand même continuer, le doute qui pousse dans le brouillard.
Vient se greffer là-dessus la période où l'on sent que le regard de l'autre s'en va, on insiste en vain, c'est l'appel du c½ur, le désir de l'autre.
Alors on étudie, c'est l'analyse du regard et des mouvements de son partenaire, et puis on interprète avec plus ou moins de paranoïa...
Enfin vient le moment de vérité, la chute : l'autre se met en action, et on sait ce qu'il en est, ça fait mal, ou pas.
C'est donc pour la description inégalable de cet évènement de la vie que j'ai mis ce passage en ligne, il est vraiment profond et plein de ressources intéressantes.
Analyse psychologique et comportementale de deux être humains quoi.
Merci M'sieur Marcel, ma prochaine rencontre aura vos couleurs et celles de Baudelaire à sa passante.